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Малапарте Курцио

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Et l’un d’eux m’explique qu’ils sont des orphelins de la guerre civile espagnole, que leur parents 'etaient morts dans les bombardements, dans les repr'esailles etc. et qu’un beau jour on les a mis sur un bateau sovi'etique, `a Barcelone, et envoy'es en Russie, o`u ils ont 'et'e nourris, habill'es, instruits, o`u ils ont appris un m'etier, o`u il sont devenus soldats rouges.

«Mais nous sommes espagnols».

Oui, je me rappelle avoir lu dans les journaux, au temps de la guerre civile en Espagne (j-'etais `a Lipari, dans ces ann'ees-l`a) que les Russes avaient transport'e en URSS plusieurs milliers d’enfants de rouges espagnols, pour les soustraire aux bombardement, et `a la famine.

«^Etes-vous iscrits au Parti communiste?» je leur demande.

«Naturellement».

«Bon, ne le dites pas. Vous l’avez dit `a moi, `a pr'esent, assez. Ne le r'ep'etez `a personne. Vous comprenez?»

«Non, nous ne comprenons pas».

«Cela n’a aucune importance. Si j’y pense, moi-aussi je n’y comprends rien non plus. Seulement, voil`a, je crois qu’il vaut mieux que vous ne r'ep'etiez `a personne que vous ^etes espagnols, soldats rouges inscrits au Parti communiste».

«Non, nous ne pouvons pas accepter ce compromis. Nous avons 'et'e 'elev'es `a dire la v'erite. Il n’y a aucun mal `a ^etre communiste. Nous ne cacherons pas que nous sommes communistes».

«Bon. Faites comme vous voudrez. En attendant, sachez que les Finlandais sont un peuple honn^ete et humain, que parmi les soldats finlandais aussi il y a des communistes, mais ils combattent pour leur pays, que la Russie `a attaqu'e en 1939. ^Etre communiste n’a aucune importance, je veux dire. Mais vous me comprenez». «Nous, nous ne comprenons pas. Nous comprenons que vouz nous faites de la propagande. C’est tout».

«Non, ce n’est pas tout. Sachez que je ferait tout mon possible pour que vous n’ayez pas d’ennuis. Vous me comprenez?»

«Oui».

«Alors, au revoir. Je viendrai demain vous voir».

J’allai chez le G'en'eral Edqvist, et je lui racontai ma conversation avec les espagnols».

«Que faut-il faire?» me demande le G'en'eral Edqvist, «vous comprenez: leur position est d'elicate. Ce sont communistes, des espagnols volonaires dans l’arm'ee rouge. 'Evidemment, c’'etaient des enfants, quand on les a envoy'es en URSS. Ils ne sont pas responsables de l’'education qu’on a leur donn'ee. Moi, je veux bien les sauver. Le mieux c’est que vous t'el'egraphiez `a votre ami de Fox`a, Ministre d’Espagne. Priez-le de venir `a mon nom, je lui consigne les prisonniers, et il fera ce qu’il voudra».

L’envoyai une d'ep^eche `a de Fox`a, concue dans ces termes: «Fait dix-huit prisonniers espagnols viens vite les prendre en consigne».

Deux jours apr`es de Fox`a arrivait en tra^ineau, par un temps de loup, avec une temperature da 42 degr'es sous zero. Il 'etait mort de froid et de fatigue. D'es qu’il me vit, il me cria:

«De quoi te m^eles-tu? Pourquoi m’as-tu t'el'egraphi'e? Qu’est-ce que je peux faire, moi, de ces dix-huit prisonniers espagnols rouges? Je ne peux pas les loger chez moi. A pr'esent il faut que je m’en occupe. De quoi te m^eles-tu?»

«Mais tu es le Ministre d’Espagne».

«Oui, mais de l’Espagne franquiste. Ils sont rouges. Enfin, je m’en occuperai. C’est mon devoir. Mais de quoi te m^eles-tu, je voudrais le savoir».

Il 'etait furieux. Mais de Fox`a a le coeur bon, et je savais qu’il aurait fait tout son possible pour aider ces malheureux. Il va voir les prisonniers, je l’accompagne». «Je suis le Ministre de l’Espagne de Franco» dit de Fox`a «je suis espagnol, vous ^etes espagnols, je viens vous aider. Que puis-je faire pour vous?»

«Pour nous? Rien» ils lui r'epondirent. «Nous ne voulons rien avoir `a faire avec le repr'esentant de Franco».

«Vous faites des caprices? J’ai voyag'e deux jours et deux nuits pour venir ici, et vous me renvoyez? Je ferai tout mon possible pour vous aider. L’Espagne de Franco sait pardonner. Je vous aiderai».

«Franco est notre ennemi, il a tu'e nos parents, nous vous prions de nous laisser tranquilles».

De Fox`a alla trouver le G'en'eral Edqvist.

«Il sont t^etus. Mais je ferai mon devoir, malgr'e eux. Je vais t'el'egraphier `a Madrid, pour demander des instructions, et l’on fera ce qu’on nous ordonnera de Madrid».

Les jour apr`es de Fox`a repartait en tra^ineau pour Helsinki. Il 'etait assis dans le tra^ineau, et il me dit:

«Occupes-toi de ce qui te regarde, tu comprends? C’est par ta faute que je suis dans ce p'etrin. Tu entends?»

«Adios».

«Adios».

Quelques jours apr`es, un de ces prisonniers tomba malade. Le m'edecin dit: «Fluxion des poumons. Tr`es dangereux».

Le G'en'eral Edqvist me dit: «Il faut avertir de Fox`a».

Je t'el'egraphiai donc `a de Fox`a: «Un prisonnier malade, tr`e grave, viens vite avec m'edicaments chocolat cigarettes».

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