Шрифт:
FIN DU PREMIER ACTE
ACTE II
LE DOCTEUR est dans son cabinet. Entre IR`ENE, dans une robe tr`es 'el'egante.
IR`ENE. (Gaiement.) Bonjour, docteur ! Me revoil`a !
LE DOCTEUR. (Extr^emement froid.) Si je peux me permettre, qui ^etes-vous ?
IR`ENE. ('Etonn'ee, mais non sans coquetterie.) Dieu, que se passe-t-il avec votre m'emoire ? Trente petites minutes et vous m’avez oubli'ee ! Il a suffi que je change de robe pour que vous ne me reconnaissiez plus !
LE DOCTEUR. Je vous reconnais parfaitement. Et c’est pr'ecis'ement pour cela que j’aimerais savoir, qui vous ^etes. Montrez-moi vos papiers d’identit'e.
IR`ENE. Pour quoi faire ? Je m’appelle Ir`ene, vous le savez, voyons.
LE DOCTEUR. Comment puis-je savoir que vous vous appelez vraiment Ir`ene ? Du reste, quand bien m^eme ce serait Ir`ene, cela ne signifie rien. Vos papiers, s’il vous pla^it.
IR`ENE. Je ne les ai pas avec moi.
LE DOCTEUR. Et moi, je vous redemande encore une fois : vos papiers !
IR`ENE ouvre son sac, fouille, mais au lieu de la carte d’identit'e prend un mouchoir, sanglote et commence `a essuyer ses larmes.
LE DOCTEUR. (Inquiet.) Qu’avez-vous ?
IR`ENE ne r'epond pas. LE DOCTEUR verse dans un verre de l’eau de la carafe et l’apporte `a IR`ENE.
IR`ENE. (Repoussant le verre.) Laissez-moi !
LE DOCTEUR. Que se passe-t-il ? Vous m’en voulez ? Vous ai-je froiss'ee ?
IR`ENE. Selon vous ?
LE DOCTEUR. Mais comment ?
IR`ENE. (`A travers des larmes.) Et vous osez demander comment ? Vous m’aviez fait tr`es bonne impression, mieux encore, vous m’aviez plu. Il m’avait m^eme sembl'e que vous aussi 'etiez, en quelque mesure, bien dispos'ee `a mon 'egard… Je suis venue vers vous le coeur `a d'ecouvert, et comment suis-je recue en fait ? Avec froideur, m'efiance, soumise `a un interrogatoire humiliant… (Elle sanglote.)
LE DOCTEUR. Calmez-vous…
IR`ENE. Laissez-moi partir.
LE DOCTEUR. (La retenant.) Vous ne connaissez pas toutes les circonstances. Le fait est qu’en votre absence est venue… C’est sans importance.
IR`ENE. Qui est venu ? Une autre femme ?
LE DOCTEUR garde le silence, troubl'e.
Et elle aussi a dit qu’elle 'etait sa femme ?
LE DOCTEUR. Oui.
IR`ENE. Et alors ? Ne me dites pas que vous l’avez crue ? Arrivez-vous `a tenir un compte des fous qui viennent vous voir ?
LE DOCTEUR. Oui mais voil`a, Michel l’a reconnue comme 'etant sa femme.
IR`ENE. Vous ignorez qu’il n’a pas de m'emoire ? Et puis, est-elle vraiment venue ?
LE DOCTEUR. Oui, bien s^ur.
IR`ENE. (Elle s’approche de la porte et appelle Michel.) Ch'eri, viens.
Entre MICHEL.
Dis-moi, est-ce qu’une femme est venue ici en mon absence ?
MICHEL. (Le plus tranquillement du monde.) Je n’ai vu personne.
IR`ENE. A-t-elle dit qu’elle 'etait ta femme ?
MICHEL. Comment aurait-elle pu le dire, si elle n’est pas du tout venue ?
IR`ENE. Et toi, tu as dit qu’elle 'etait ta femme ?
MICHEL Je n’ai que toi au monde, et tu le sais tr`es bien. (Il l’embrasse.)
IR`ENE. Merci, ch'eri. (Au docteur.) Eh bien, me croyez-vous maintenant ?
LE DOCTEUR. Je ne sais pas quoi penser… d’ailleurs, il y a encore une circonstance… Outre la femme, un homme aussi est venu…
IR`ENE. Et alors ?
LE DOCTEUR. Il a affirm'e qu’il… qu’il 'etait votre mari.
IR`ENE. Mon mari ? (Elle rit bruyamment.) Mon Dieu, quel dur m'etier que celui de psychiatre ! Qui ne voyez-vous pas d'efiler ! (Elle continue de rire.)
LE DOCTEUR. Je ne vois pas ce qu’il y a de risible.
IR`ENE. Mais le voici, mon mari, l`a, devant vous ! Il vous faut d’autres preuves ? Qu’`a cela ne tienne. (`A Michel.) Ch'eri, ^ote ta chemise et montre au docteur ton grain de beaut'e sous ton omoplate gauche.