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L’HOMME. Non !?
LE DOCTEUR. Je recois des honoraires.
L’HOMME. Mais je suis pr^et `a vous verser des honoraires.
LE DOCTEUR. Je ne les percois qu’en 'echange d’un traitement et non pas en 'echange de renseignements donn'es. Je vous souhaite de r'eussir, et ne m’emp^echez pas de travailler. Je ne recois que sur rendez-vous. (Il entra^ine poliment L’Homme vers la sortie de secours.) Je vous en prie. Non, pas par cette porte. Par celle-ci, n’entrent que mes malades.
L’HOMME. Bon, dans ce cas, je vous enverrai vraiment l’inspecteur des imp^ots. (Il regarde attentivement le Docteur.) Non, vous avez eu peur ?
LE DOCTEUR. Pas tellement.
L’HOMME. Vous devriez. Je suis s^ur que vous n’aimez pas payer des imp^ots.
LE DOCTEUR. Moi je n’aime pas ?
L’HOMME. Vous.
LE DOCTEUR. Moi ?!
L’HOMME. Vous.
LE DOCTEUR. Et alors ? Et qui aime ca ?
L’HOMME. Et si nous organisions un petit contr^ole ?
LE DOCTEUR. Faites, donc. Je sais bien cacher mes revenus.
L’HOMME. Et moi, je sais bien les retrouver.
LE DOCTEUR. Cessez de me menacer. Je vous l’ai dit, je ne crains pas les contr^oles.
L’HOMME. Parce que vous ne prenez pas de pots-de-vin ?
LE DOCTEUR. Non. Parce que je les donne. Au plaisir de vous revoir.
L’HOMME. (Changeant de ton.) Docteur, vous le savez bien, l’affaire que j’ai en ce moment est strictement personnelle, elle n’a aucun rapport avec la m'edecine, ni avec le fisc. J’ai besoin d’Ir`ene.
LE DOCTEUR. Au revoir. La porte de sortie est ici.
L’HOMME. (S’attardant au moment de sortir.) Docteur, pourquoi, tout de m^eme, vient-elle vous voir ? Il y a quelque chose entre vous ?
LE DOCTEUR. Cela ne vous regarde en aucune facon.
L’HOMME. Serait-elle malade ?
LE DOCTEUR. Aucun d'etail concernant mes visiteurs, malades ou bien portants, ne franchit les limites de ce cabinet.
L’HOMME. (D’un ton sec, presque menacant.) Parfait. Cependant, je sens qu’il y a un lien entre vous et je pense qu’il est de mon devoir de vous pr'evenir : soyez prudent.
LE DOCTEUR. Dans quel sens ?
LE DOCTEUR. Dans tous les sens. Elle s’est oubli'ee et elle-m^eme ne comprend pas ce qu’elle fait. (Il se dirige vers la sortie.) Si, malgr'e tout, vous la voyez, dites-lui que j’essaierai de la voir `a la maison, et si je ne l’y trouve pas, que je reviendrai ici.
LE DOCTEUR. Je ne pense pas que je vous laisserai entrer.
L’HOMME. Et moi, je ne pense pas que je vous en demanderai l’autorisation.
L’HOMME part. LE DOCTEUR se rassoit devant son ordinateur. IR`ENE revient.
IR`ENE. Vous n’en avez toujours pas assez de moi ?
LE DOCTEUR. Le taxi est d'ej`a l`a ?
IR`ENE. Je ne l’ai pas appel'e… J’ai d'ecid'e d’emmener Michel dans ma voiture. Elle est l`a, tout pr`es, sur le parking. Surveillez-le deux minutes encore, d’accord ? (Apr`es avoir bien regard'e le Docteur.) Qu’y a-t-il encore ?
LE DOCTEUR. `A l’instant… Eh bien… Il a de nouveau demand'e apr`es vous… Votre mari…
IR`ENE. Je vous l’ai d'ej`a dit, je n’ai aucun mari ! `A part Michel, bien s^ur.
LE DOCTEUR. Je ne sais pas, je ne sais pas… Il m’a pr'evenu qu’il fallait que je sois prudent avec vous.
IR`ENE. Il n’a pas expliqu'e de quoi il retournait ?
LE DOCTEUR. Non, mais il a dit que c’'etait tr`es important. Une question de vie et de mort.
IR`ENE. (Fortement troubl'ee.) Je crois que je devine de qui il s’agit.
LE DOCTEUR. Il est vraiment votre mari ?
IR`ENE. Pas tout `a fait.
LE DOCTEUR. Pas tout `a fait ?
IR`ENE. Pas du tout. C’est mon coll`egue de travail… plus exactement, c’est m^eme mon sup'erieur.
LE DOCTEUR. Vous dites la v'erit'e ?
IR`ENE. Je vous jure.
LE DOCTEUR. Et de quelle affaire importante vous concernant parle-t-il ?
IR`ENE. Des b^etises. Simplement, il, comment vous dire… Il y a des gens, voyez-vous, qui… Il est continuellement `a vouloir 'elucider quelque chose avec moi, `a vouloir m’entretenir de quelque chose… Et c’est toujours, bien s^ur, urgent. Du reste, voil`a un patient id'eal pour vous.
LE DOCTEUR. Je comprends.
IR`ENE. Bon, je vais chercher la voiture.