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Adieu donc, ch`ere amie; je ne dis pas au revoir, puisque je ne puis esp'erer de vous voir ici, et entre moi et la ch`ere Moscou il y a des barri`eres insurmontables, que le sort semble vouloir augmenter de jour en jour. — Adieu, ne soyez pas plus paresseuse que vous n'avez 'et'e jusqu'ici, et je serai content de vous; maintenant j'aurai besoin de vos lettres plus que jamais: enferm'e comme <je> serai, cela sera ma plus grande jouissance; cela seul pourra relier mon pass'e avec mon avenir, qui d'ej`a s'en vont chacun de son c^ot'e, en laissant entre eux une barri`ere de 2 tristes, p'enibles ann'ees * ; prenez sur vous cette t^ache ennuyeuse, mais charitable, et vous emp`echerez une vie de se d'emolir; — `a vous seule je puis dire tout ce que je pense, bien ou mal, ce que j'ai d'ej`a prouv'e par ma confession; et vous ne devez pas rester en arri`ere; vous ne devez pas — car ce n'est pas une complaisance que je vous demande, mais un bienfait. — J'ai 'et'e inquiet il y a quelques jours, maintenant je ne le suis plus: tout est fini; j'ai v'ecu, j'ai m^uri trop t^ot; et les jours que vont suivre seront vides de sensations…
Он был рожден для счастья, для надежд * И вдохновений мирных! — но безумный Из детских рано вырвался одежд И сердце бросил в море жизни шумной; И мир не пощадил — и бог не спас! — Так сочный плод до времени созрелый Между цветов висит осиротелый; Ни вкуса он не радует, ни глаз; И час их красоты — его паденья час! — И жадный червь его грызет, грызет, И между тем как нежные подруги Колеблются на ветках — ранний плод Лишь тяготит свою… до первой вьюги! — Ужасно стариком быть без седин; — Он равных не находит; за толпою Идет, хоть с ней не делится душою; — Он меж людьми ни раб, ни властелин, И всё, что чувствует, он чувствует один!Adieu — mes poclony * `a tous — adieu, ne m'oubliez pas.
M. Lermantoff.
P. S. Je n'ai jamais rien 'ecrit par rapport `a vous `a Evre"inoff * ; et vous voyez que tout ce que j'ai dit de son caract`ere, est vrai; seulement j'ai eu tort en disant qu'il 'etait hypocrite [81] — il n'a pas assez de moyens pour cela; il n'est que menteur.
<См. перевод в примечаниях * >
81
было:qu'il est hypocrite — Ред.
Верещагиной А. М., октябрь — ноябрь 1832 *
<Петербург, конец октября, начало ноября 1832 г.>
Femme injuste et cr'edule! (et remarquez que j'ai le plein droit de vous nommer ainsi, ch`ere cousine). Vous avez cr^u aux paroles et `a la lettre d'une jeune fille sans les analyser; Annette * dit qu'elle n'a jamais 'ecrit que j'avais une histoire * , mais qu'on ne m'a pas compt'e les ann'ees que j'ai pass'ees `a Moscou, comme `a tant d'autres; car il y a une r'eforme dans toutes les universit'es * , et je crains qu'Alexis * n'en souffre aussi, puisqu'on ajoute une ann'ee aux trois insupportables.
— Vous devez d'ej`a savoir, notre dame, que j'entre `a l''ecole des guardes; ce qui me privera malheureusement du plaisir de vous voir bient^ot. — Si vous pouviez d'eviner tout le chagrin que cela me fait, vous m'auriez plaint; — ne grondez donc plus, et consolez moi, si vous avez un coeur. —
Je ne puis concevoir ce que vous voulez dire par peserles paroles,je ne me rappelle pas vous avoir 'ecrit quelque chose de semblable. Au surplus je vous remercie de m'avoir grond'e, cela me servira pour l'avenir; et si vous venez `a P'etersbourg j'esp`ere me venger enti`erement, — et par-dessus le march'e — `a coups de sabre — et point de quartier, entendez vous! — mais que cela ne vous effraye pas; venez toujours, et amenez avec vous une suite nombreuse; et mademoiselle Sophie * , `a laquelle je n''ecris pas, parce que je boude contre elle; elle m'a promis de m''ecrire en arrivant de Voron`ege — une longue lettre,et je ne m'apercois que de la longueur du temps — qui remplace la lettre.
— Et vous, ch`ere cousine, vous m'accusez de la m^eme chose! — et pourtant je vous ai 'ecrit deux lettres apr`es monsieur Paul Evre"inoff * . Mais comme elles 'etaient adress'ees dans la maison Stolypine `a Moscou * , je suis s^ur que le L'eth'e les a englouties, ou que la femme d'un domestique entortilla des chandelles avec mes tendres 'ep^itres.
— Donc, je vous attends cet hiver; point de r'eponses 'evasives; vous devez venir; un beau projet ne doit pas ^etre ainsi abandonn'e, la fleur ne doit pas se faner sur sa tige, et cetera.
En attendant je vous dis adieu, car je n'ai plus rien `a vous communiquer d'int'eressant; je me pr'epare pour l'examen, et dans une semaine, avec l'aide de dieu, je serai militaire; encore: vous attribuez trop `a l'eau de la N'eva; elle est un tr`es bon purgatif, mais je ne lui connais point d'autre qualit'e; apparemment que vous avez oubli'e mes galanteries pass'ees, et que vous n'^etes que pour le pr'esent et le futur, * qui ne manquera pas de se pr'esenter `a vous par la premi`ere occasion; adieu donc, ch`ere amie, et mettez tous vos soins `a me trouver une future;il faut qu'elle ressemble `a Dachinka * , mais qu'elle n'aie pas comme elle un gros ventre, car il n'y aurait plus de sym'etrie avec moi, comme vous savez; ou comme vous ne savez pas, car je suis devenu fin comme une allumette.
Je baise vos mains
M. Lerma.
P. S. Mes compliments aux tantes. —
<См. перевод в примечаниях * >
Лопухиной М. А., 19 июня 1833 *
19 Juin, P'etersbourg <1833 г.>
J'ai recu vos deux lettres hier, ch`ere amie, et je les ai — d'evor'ees; il y a si longtemps que je n'ai eu de vos nouvelles; hier c'est le dernier dimanche que j'ai pass'e en ville, car demain (mardi) nous allons au camp pour deux mois; — je vous 'ecris assis sur un banc de l''ecole au milieu du bruit des pr'eparatifs, etc… — Vous serez, `a ce que je crois, contente d'apprendre, que, n'ayant pass'e `a l''ecole que deux mois, j'ai subi mon examen, pour la I-re classe, et suis, un des premiers… cela nourrit toujours l'esp'erance d'une prochaine libert'e! —