Вход/Регистрация
Pi?ces choisies
вернуться

Krasnogorov Valentin

Шрифт:

JEANNE. Mieux vaut ne pas se respecter `a l’air libre, que se respecter dans sa ge^ole.

IR`ENE. Ce que nous faisons n’est pas bien.

JEANNE. Nous ne faisons que nous battre pour nous.

IR`ENE. Tout en brisant le docteur.

JEANNE. Je ne comprends pas, tu t’es amourach'ee de lui, ou quoi ?

IR`ENE. Et si c’est le cas, tu dis quoi ?

JEANNE. Je dis qu’il y a un ^age o`u les femmes ne tombent plus amoureuses.

IR`ENE. Cet ^age-l`a n’existe pas pour les femmes.

JEANNE. Reste raisonnable. De toute facon, il n’y a pas d’autre issue.

IR`ENE. Il y a une issue : tout avouer.

JEANNE. Et mettre en l’air toute notre vie.

IR`ENE. Ne t’inqui`ete pas, je prends tout sur moi.

JEANNE. Tu crois que c’est de l’h'ero"isme, mais c’est une connerie.

IR`ENE. C’est un calcul. (Avec douceur.) R'efl'echis toi-m^eme. Si nous menons `a bien notre plan, alors, le plus probable, c’est que nous serons pris tous les quatre : nous trois, pour escroquerie et le docteur pour une fausse carte m'edicale. Mais en cas d’aveu, je suis seule `a faire de la prison et vous restez en libert'e. De plus, vous avez des enfants, alors que moi je suis seule. Et je ne parle pas de la conscience nette.

JEANNE. (Apr`es avoir longuement pes'e le pour et le contre.) Tu as s^urement raison. (Elle pleure.) Mais quelle ordure je suis : c’est ensemble que nous avons fait des conneries et c’est toi seule qui devras payer. Pardonne-moi. (Elle enlace Ir`ene.)

Les deux femmes sanglotent sur l’'epaule l’une de l’autre.

IR`ENE. Alors ? On fait venir le docteur ?

JEANNE. Fais-le venir, si tu veux.

IR`ENE. (Elle s’approche de la porte et fait venir le docteur.) Vous pouvez entrer.

LE DOCTEUR revient dans son cabinet. Les deux femmes essuient leurs larmes.

Eh bien, vous ne comprenez toujours rien ?

LE DOCTEUR. Absolument rien.

IR`ENE. Nous allons tout vous expliquer. Le fait est que… (`A Jeanne.) Je pr'ef`ere que tu racontes.

JEANNE. Bien. (Au docteur.) D’abord, buvez vos gouttes. Et asseyez-vous.

LE DOCTEUR s’ex'ecute docilement.

Commencons `a faire les pr'esentations. Moi je suis la femme de Michel, il est mon mari. Marina est sa soeur et il est son fr`ere. Vous saisissez ?

LE DOCTEUR. (Tout d'econcert'e.) « Il est mon mari, Marina est sa soeur… » (Radieux.) Mais c’est merveilleux ! Voil`a qui change compl`etement la donne ! Nous allons le gu'erir, et alors…

JEANNE. Patientez. Il n’a absolument pas besoin de soins car plus sain que lui tu meurs.

LE DOCTEUR. Attendez, et son amn'esie…

JEANNE. C’'etait de la simulation. Il a une excellente m'emoire. Ce n’est pas pour rien qu’il a la r'eputation de meilleur joueur de cartes de notre ville.

LE DOCTEUR. Alors pourquoi avez-vous…

JEANNE. (Sur le ton d’un avocat.) Docteur, si vous ne cessez pas de poser des questions, nous ne terminerons jamais.

LE DOCTEUR. Pardon.

JEANNE. `A pr'esent, 'ecoutez. Il y a deux ans, Michel perd, au casino, une grosse somme. Il supplie Ir`ene de lui donner cette somme et lui promet de la lui rendre rapidement. Sinon, dit-il, on peut l’abattre. Ir`ene lui fait un transfert d’argent par la banque et moi, malheureusement, je n’ai pas tent'e de l’en dissuader. Je craignais pour mon mari et les enfants.

LE DOCTEUR. Et ensuite ?

JEANNE. Michel, au lieu de rendre cet argent, le perd, l`a aussi, au jeu. La dette double. Il court `a nouveau voir ma soeur et la supplie de le sauver. Ir`ene aime mon fr`ere `a perdre la m'emoire et c`ede. Et de cette facon, nous nous enfoncons tous petit `a petit dans un trou dont il n’est plus possible de sortir. Vous n’imaginez pas comme c’est dur : savoir que votre mari joue, qu’il est sur la pente descendante et qu’il entra^ine avec lui toute la famille… L’aimer, vouloir le sauver et ne pas ^etre en 'etat de rien changer…

LE DOCTEUR. Bon… Et qu’ai-je `a voir avec tout ca ?

JEANNE. (Embarrass'ee.) Pour ^etre honn^ete, cette partie de l’histoire n’est pas tr`es agr'eable `a raconter, mais on ne change pas les mots de la chanson. Il y avait un recours, vous, et ca, c’est ma contribution.

LE DOCTEUR. Et en quoi a-t-elle consist'e ?

JEANNE. Nous comprenions que l’on ne tarderait pas `a ^etre d'emasqu'es. J’ai 'echafaud'e un plan : faire en sorte, au plus vite, que Michel soit reconnu irresponsable. Alors, il pourrait 'eviter le jugement et la condamnation. Mais pour ca, il fallait les conclusions d’un m'edecin reconnu et honn^ete. Dans votre genre.

  • Читать дальше
  • 1
  • ...
  • 35
  • 36
  • 37
  • 38
  • 39
  • 40
  • 41
  • 42
  • 43

Ебукер (ebooker) – онлайн-библиотека на русском языке. Книги доступны онлайн, без утомительной регистрации. Огромный выбор и удобный дизайн, позволяющий читать без проблем. Добавляйте сайт в закладки! Все произведения загружаются пользователями: если считаете, что ваши авторские права нарушены – используйте форму обратной связи.

Полезные ссылки

  • Моя полка

Контакты

  • chitat.ebooker@gmail.com

Подпишитесь на рассылку: