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Krasnogorov Valentin

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ELLE. Oui. Et pour ca, on me paie bien. Tu voulais savoir comment je gagnais ma vie et combien je touchais, maintenant tu le sais. Au fait, ton rapport m’a beaucoup int'eress'ee.

LUI. Tu y as compris quelque chose?

ELLE. Figure-toi qu’`a l’universit'e nous avons aussi 'etudi'e la psychologie, si bien que j’ai m^eme trouv'e int'eressant de t’'ecouter. Ce n’est pas pour rien que sur Internet il y a des milliers de liens vers ton nom.

LUI. Je vois que tu t’'etais bien pr'epar'ee.

ELLE. « Connais-toi et connais ton ennemi, ainsi cent fois tu vaincras dans cent batailles ». C’est un aphorisme chinois. Mais je n’ai pas vaincu.

LUI. Et tu le voulais?

ELLE. Beaucoup. Toute la soir'ee j’ai craint qu’`a tout moment tu ne te l`eves et partes et je m’efforcais de te retenir par tous les moyens. Au moins cinq minutes encore, une minute… Voil`a pourquoi tant^ot je jouais les prostitu'ees, tant^ot je simulais la femme honn^ete, avec des mani`eres tant^ot exquises, tant^ot vulgaires. J’enflammais ta curiosit'e, t’app^atais, minaudais, faisais l’int'eressante pourvu seulement que tu ne partes pas. Pourvu que tu ne partes pas…

LUI. (Apr`es avoir gard'e le silence.). Oui, notre rencontre n’a pas 'et'e des plus faciles. Tu avais raison. (Il prend la cl'e.) Allons.

ELLE. (Sans bouger de sa place.). Tu pars quand m^eme?

LUI. Et toi aussi tu pars. (Il fait tourner sa cl'e accroch'ee `a un porte-cl'e.) Je dois fermer la porte `a cl'e.

ELLE. Tu veux me mettre `a la rue sous la pluie?

LUI. Tu ne peux pas rester ici. Je dois rendre la cl'e.

ELLE. Ne t’en fais pas pour moi. Va. Je vais ranger, puis je fermerai la porte et je rapporterai ta cl'e.

LUI. Et pour aller o`u en pleine nuit?

ELLE. Ca te tracasse? J’occupe la chambre contigu"e avec la tienne, mais tu ne l’avais m^eme pas remarqu'e. Et moi, je voulais tellement que tu m’adresses la parole!

LUI. Tous ces quatre jours, nous 'etions `a c^ot'e l’un de l’autre?

ELLE. Oui, et maintenant la conf'erence est achev'ee et demain soir, moi aussi, je prends l’avion. Plus exactement, aujourd’hui d'ej`a.

LUI. Alors… (Apr`es h'esitation.) Et puis, non… Au revoir.

ELLE. Un moment!

LUI. (S’arr^etant.). Quoi encore?

ELLE. (D’un ton lib'er'e.). Rien de particulier. Je veux simplement te raconter une anecdote en guise d’adieux. Puisqu’il faut te distraire, allons jusqu’au bout. Un homme, 'epuis'e et p^ale, arrive chez son m'edecin : « Docteur, toutes les nuits le m^eme cauchemar m’assaille. Une voix me dit en boucle quelque chose en italien, s^urement, quelque chose de tr`es important. Je fais des efforts pour comprendre, mais c’est peine perdue. Ca me plonge dans une telle inqui'etude que je me r'eveille et que je ne peux plus me rendormir ».
–  Et vous comprenez l’italien?
–  demande le m'edecin.
–  Justement, non, - r'epond le patient.
–  Alors, la seule chose que je puisse vous conseiller, - dit le m'edecin, c’est d’apprendre l’italien. Alors vous comprendrez ce que vous dit la voix et, peut-^etre, serez-vous rassur'e. Deux mois ont pass'e et le m'edecin rencontre son patient, par hasard, dans la rue, joyeux, resplendissant et le teint color'e.
–  Alors, vous avez appris l’italien?
–  demande le docteur. Le patient r'epond : - Non, je dors avec une interpr`ete.

LUI. Pourquoi est-ce que tu me racontes ca? pour me relancer?

ELLE. (Moqueuse.). Pour que tu saches que tu es pass'e `a c^ot'e d’une rare possibilit'e de te d'efaire de ta d'epression. (Avec cruaut'e :) Et maintenant, va-t’en, va-t’en au plus vite. Je suis tr`es fatigu'ee.

L’homme marche lentement vers la sortie et s’arr^ete `a la porte.

LUI. Probable, qu’on ne se verra plus. Mais ca ne peut pas ^etre autrement… Tu dois me comprendre…

La femme ne r'epond pas.

LUI. Adieu. (Il sort.)

La femme, seule, reste longtemps assise et immobile. Puis, lentement, elle 'eteint les deux bougies, l’une d’abord, puis l’autre. `A travers la fen^etre p'en`etrent les premi`eres clart'es d’un matin d’automne maussade. Elle se l`eve, s’assoit, se rel`eve, puis machinalement d'ebarrasse la table.

`A l’embrasure de la porte appara^it l’homme.

LUI. C’est encore moi.

ELLE. (Pas encore revenue de ses m'editations, sur un ton distant :). Vous avez oubli'e quelque chose?

LUI. Oui. Heu… non. Dis-moi, tout ce que tu as dit sur toi, tu l’as invent'e?

ELLE. Et si je r'eponds non?

LUI. Tu as raison, ce n’est pas important… Tu sais, `a peine 'etais-je sorti que j’avais compris tout de suite… si je laissais passer cette occasion, je le regretterais toute ma vie… Il y a en toi… J’ai du mal `a expliquer…

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