Шрифт:
русский
XCV
LE CR'EPUSCULE DU SOIR
– c'est le soir qui soulage Les esprits que d'evore une douleur sauvage, Le savant obstin'e dont le front s'alourdit, Et l'ouvrier courb'e qui regagne son lit. Cependant des d'emons malsains dans l'atmosph`ere S''eveillent lourdement, comme des gens d'affaire, Et cognent en volant les volets et l'auvent. `A travers les lueurs que tourmente le vent La Prostitution s'allume dans les rues; Comme une fourmili`ere elle ouvre ses issues; Partout elle se fraye un occulte chemin, Ainsi que l'ennemi qui tente un coup de main; Elle remue au sein de la cit'e de fange Comme un ver qui d'erobe `a l'Homme ce qu'il mange. On entend c`a et l`a les cuisines siffler, Les th'e^atres glapir, les orchestres ronfler; Les tables d'h^ote, dont le jeu fait les d'elices, S'emplissent de catins et d'escrocs, leurs complices, Et les voleurs, qui n'ont ni tr^eve ni merci, Vont bient^ot commencer leur travail, eux aussi, Et forcer doucement les portes et les caisses Pour vivre quelques jours et v^etir leurs ma^itresses. Recueille-toi, mon ^ame, en ce grave moment, Et ferme ton oreille `a ce rugissement. C'est l'heure o`u les douleurs des malades s'aigrissent! La sombre Nuit les prend `a la gorge; ils finissent Leur destin'ee et vont vers le gouffre commun; L'h^opital se remplit de leurs soupirs. — Plus d'un Ne viendra plus chercher la soupe parfum'ee, Au coin du feu, le soir, aupr`es d'une ^ame aim'ee. Encore la plupart n'ont-ils jamais connu La douceur du foyer et n'ont jamais v'ecu!
русский
XCVI
LE JEU
русский
XCVII
DANSE MACABRE
`A Ernest Christophe.
русский
XCVIII
L'AMOUR DU MENSONGE
русский
XCIX
русский
C
русский
CI
BRUMES ET PLUIES
русский
CII
R^EVE PARISIEN
`A Constantin Guys.
I
De ce terrible paysage, Tel que jamais mortel n'en vit, Ce matin encore l'image, Vague et lointaine, me ravit. Le sommeil est plein de miracles! Par un caprice singulier J'avais banni de ces spectacles Le v'eg'etal irr'egulier, Et, peintre fier de mon g'enie, Je savourais dans mon tableau L'enivrante monotonie Du m'etal, du marbre et de l'eau. Babel d'escaliers et d'arcades, C''etait un palais infini, Plein de bassins et de cascades Tombant dans l'or mat ou bruni; Et des cataractes pesantes, Comme des rideaux de cristal, Se suspendaient, 'eblouissantes, `A des murailles de m'etal. Non d'arbres, mais de colonnades Les 'etangs dormants s'entouraient, O`u de gigantesques na"iades, Comme des femmes, se miraient. Des nappes d'eau s''epanchaient, bleues, Entre des quais roses et verts, Pendant des millions de lieues, Vers les confins de l'univers; C''etaient des pierres inou"ies Et des flots magiques; c''etaient D'immenses glaces 'eblouies Par tout ce qu'elles refl'etaient! Insouciants et taciturnes, Des Ganges, dans le firmament, Versaient le tr'esor de leurs urnes Dans des gouffres de diamant. Architecte de mes f'eeries, Je faisais, `a ma volont'e, Sous un tunnel de pierreries Passer un oc'ean dompt'e; Et tout, m^eme la couleur noire, Semblait fourbi, clair, iris'e; Le liquide ench^assait sa gloire Dans le rayon cristallis'e. Nul astre d'ailleurs, nuls vestiges De soleil, m^eme au bas du ciel, Pour illuminer ces prodiges, Qui brillaient d'un feu personnel! Et sur ces mouvantes merveilles Planait (terrible nouveaut'e! Tout pour oeil, rien pour les oreilles!) Un silence d''eternit'e. II
En rouvrant mes yeux pleins de flamme J'ai vu l'horreur de mon taudis, Et senti, rentrant dans mon ^ame, La pointe des soucis maudits; La pendule aux accents fun`ebres Sonnait brutalement midi, Et le ciel versait des t'en`ebres Sur le triste monde engourdi.